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ha /ha/, préposition

  1. de, depuis (un espace ouvert, le voi­si­nage de)
  2. de (pos­ses­sion inaliénable)
  3. par (un ani­mal durant la chasse)

En tant que pré­po­si­tion spa­tiale, ha indique un mou­ve­ment depuis le voi­si­nage ou la sur­face d’un réfé­rent, pas depuis l’in­té­rieur de celui-ci.
Il sert aus­si à intro­duire un com­plé­ment du nom lié inti­me­ment par sa nature même à la chose pos­sé­dée, comme une par­tie du corps (externe), une rela­tion de paren­té, un titre.
Enfin, il intro­duit le com­plé­ment d’agent des verbes de chasse dans les struc­tures passives.

Exemples

  1. Toxoʔ kin buʔ ha oɣi. « Elle me suit depuis la rivière. » 
    tox-oʔ
    suivre-PRS.SUBJ.3.AN.SG
    kin
    vers
    buʔ
    1.SG.ABS
    ha
    depuis
    oɣo‑i
    eau-PL.ABS
  2. Kabe­kiʔ da wexen­tey ha totoxoy eṛo­dot. « La hyène, effec­ti­ve­ment, a arra­ché le bras d’un chasseur. » 
    ka-biek-iʔ
    AUG-man­ger-PASS.OBJ.3.AN.SG
    da
    ART
    wexen­tey
    bras
    ha
    de
    totoxoy
    chas­seur
    eṛod-at
    hyène-NOM
  3. Totó­miʔ ha yaduk. « Nous nous fîmes pour­chas­ser par un cheval. » 
    totox-m-◌́iʔ
    chas­ser-MED-PASS.SUBJ.1.PL.EXCL
    ha
    depuis
    yaduk
    che­val

On retrouve dans le troi­sième exemple la même struc­ture avec un verbe au moyen et un syn­tagme pré­po­si­tion­nel à valeur agen­tive qu’en 4, cette-fois-ci non pas pour éle­ver un inani­mé au rang d’agent, mais pour rendre pos­sible l’ex­pres­sion d’une situa­tion inha­bi­tuelle, c’est-à-dire la pour­suite (avec inten­tions meur­trières) d’êtres humains par une proie.

Dérivés

hamar, pré­po­si­tion : de des­sous (mar « sous »)

oɣo /ʔoˈʁo/, nom inani­mé, pl. oɣi

  1. eau
  2. [plu­riel] rivière, ruisseau
  3. [en appo­si­tion] liquide

Exemples

  1. Zikuoʔ kimu oɣo. « J’en­tends l’eau jaillir. » 
    zik-uoʔ
    entendre-PRS.SUBJ.1.SG
    kim‑u
    sau­ter-INF
    oɣo
    eau
  2. Sobuor da oɣi yadu­kor. « Les che­vaux boivent à la rivière. » 
    sob-uor
    ava­ler-PRS.SUBJ.3.AN.PL
    da
    ART
    oɣo‑i
    eau-PL
    yaduk-or
    che­val-PL.NOM
  3. Luoʔ da buor oɣo. « Tiens, prends du jus de citron. » 
    luoʔ
    voi­là
    da
    ART
    buor
    citron
    oɣo
    eau

Dans le pre­mier exemple, je glose le suf­fixe -u de kimu comme « infi­ni­tif » alors que pré­cé­dem­ment j’a­vais mis « conjonc­tif » (voir 7).
Ce der­nier terme me semble plus adap­té à la struc­ture vue en 12.

Dans le deuxième exemple, notez que ce qui est tra­duit comme une struc­ture loca­tive « à la rivière » est expri­mé comme un objet direct en lamáya.

Dans le troi­sième exemple, on a un usage de luoʔ qui se rap­proche plus de son sens pre­mier, qui est une forme impé­ra­tive d’un verbe de manipulation.

Dérivés

  • oɣo­ko, nom inani­mé, pl. oɣi­ka : réser­voir (< -aka « nom collectif »)

lede /leˈde/, verbe

  1. ramas­ser, soulever
  2. [voix moyenne] ras­sem­bler, réunir (des objets au sol) devant soi
  3. [voix indi­recte] ras­sem­bler pour quel­qu’un, préparer

Contrai­re­ment à tous les autres verbes vus jusque là, celui-ci a un radi­cal se ter­mi­nant par une voyelle.
Sa conju­gai­son est donc légè­re­ment dif­fé­rente, avec la pré­sence de consonnes de liai­sons devant la plu­part des ter­mi­nai­sons (ici-bas en italiques) :

pré­sent subjectif pré­sent objectif pas­sé subjectif pas­sé objectif
1.SG ledewuoʔ ledewoʔ ledéwuʔ ledewuʔ
2.SG ledewuon ledewon ledéwun ledewun
3.AN.SG ledeʔ ledet ledéʔiʔ ledeʔit
3.IN lede – ledéʔi –
1.PL.EXCL ledeyeʔ ledeyeʔ ledéyiʔ ledeyiʔ
1.PL.INCL ledeyey ledeyey ledéyiy ledeyiy
2.PL ledeyen ledeyen ledéyin ledeyin
3.PL ledeyer ledewor ledéwur ledewur

À la voix moyenne, une fois le suf­fixe -m ajou­té, la conju­gai­son est régulière.
Le suf­fixe de voix indi­recte -id devient -yid.

Exemples

  1. Ledéyiʔ da onoč hasawe-ʔe. « Nous sou­le­vâmes le lion en silence. » 
    lede-◌́iʔ
    sou­le­ver-PASS.SUBJ.3.AN.SG
    da
    ART
    onoč
    cadavre_lion
    hasaw‑e=ʔe
    par­ler-CONJ.PL=NEG
  2. Lede­muoʔ bor­ti mar bor­ti­ko. « Je ramasse des citrons sous le citronnier. » 
    lede-m-uoʔ
    sou­le­ver-MED-PRES.SUBJ.1.SG
    bor­ti
    citron
    mar
    sous
    bor­ti­ko
    citron­nier
  3. Ledeyi­dat totoxay mus­ta. « Il (en) ramasse pour une vieille chasseuse. » 
    lede-id-at
    sou­le­ver-IND-PRES.OBJ.3.AN.SG
    totoxay
    chas­seur
    mus­ta
    vieille

Dans la pre­mière phrase, l’ob­jet est intro­duit par da, mais pas dans les autres, pourquoi ?
Dans la deuxième, l’ob­jet est géné­rique : on ne ramasse pas des citrons par­ti­cu­liers, on par­ti­cipe d’une acti­vi­té habituelle.
Dans la troi­sième, totoxay mus­ta n’est pas un objet direct défi­ni, mais la béné­fi­ciaire de l’activité.

Notons le conjonc­tif hasawe-ʔe dans le pre­mier exemple, une forme ver­bale sans temps ni per­sonne employée à la place d’une conjonc­tion « et » lorsque le sujet reste le même que le verbe précédent.
Lit­té­ra­le­ment, cette phrase dit « Nous sou­le­vâmes le lion et on ne parle pas ».

Dérivé

ledeṛey, nom inani­mé, pl. ledeṛe­ni : bran­card, civière, consti­tuée de deux bâtons ten­dant une peau (< -ṛey « outil »)

mus­ta /musˈta/, nom ani­mé, pl. mus­ta­wuor

  1. vieille femme
  2. [en appo­si­tion] vieille

Voi­ci encore un nom que l’on peut employer comme « adjec­tif », mais contrai­re­ment à ceux que nous avons déjà vus, il ne peut pas s’ap­pli­quer à des noms inani­més, ni, de plus, à des réfé­rents masculins.
Cepen­dant, il peut se retrou­ver après les noms de cer­tains ani­maux « de compagnie ».

Exemples

  1. Ɣazaʔ da wexe­til mus­tat kie­bit. « Cette vieille là-bas trempe la sagaie dans l’eau. » 
    ɣaz-aʔ
    laver-PRS.3.AN.SG.SUBJ
    da
    ART
    wexe­til
    sagaie
    musta‑t
    vieille-NOM
    kiebi‑t
    celui_­là-NOM
  2. Totoxuor kin kimay zikayor mus­ta­wor. « Les vieilles tra­queuses pour­chassent la gerboise. » 
    totox-uor
    chas­ser-PRS.3.AN.PL.SUBJ
    kin
    vers
    kimay
    ger­boise
    zikay-or
    tra­queur-PL.NOM
    mus­ta-wor
    vieille-PL.NOM

Dérivés

  • muča, nom ani­mé, pl. muča­wuor : être féé­rique vivant dans les arbres creux (< pala­ta­li­sa­tion de la der­nière consonne « diminutif »)
  • mus­ta­ka, nom inani­mé, pl. mus­ti­ka : groupe de vieilles femmes, bande de copines (< -aka « nom collectif »)

kie­bi /ki̯eˈbi/, nom ani­mé, pl. kie­buor

kiere, /ki̯eˈɾe/, nom inani­mé, pl. kie­ri

  1. [employé seul] celui-là, celle-là (au loin)
  2. [en appo­si­tion] ce(t) …-là, cette …-là

Encore un nom qui est sou­vent employé en appo­si­tion, mais que l’on tra­dui­ra plu­tôt par un pro­nom ou un déter­mi­nant que par un adjectif.

Exemples

  1. Hasa­widó­ki kie­bit. « Celui-là/il me parle. » 
    hasaw-id-at-ki
    par­ler-IND-3.AN.SG.OBJ-1.PAT
    kiebi‑t
    celui_­là-NOM
  2. Kabe­keyuy da siel kie­bi. « Allons, on ne va pas man­ger ce cheval-là. » 
    ka-biek-e-yu‑y
    AUG-man­ger-PRS-NEG-1.PL.INCL
    da
    ART
    siel
    cadavre_cheval
    kie­bi
    celui_là

La forme hasa­widó­ki est ambigüe : le -o devant un suf­fixe d’ob­jet (qui avale la consonne pré­cé­dente) peut être la ter­mi­nai­son de 2.SG -on tout comme celle de 3.AN.SG -at (après har­mo­nie vocalique).
L’in­ter­pré­ta­tion par défaut dépend du cadre dans lequel est pro­non­cée la phrase :

  • le dia­logue, où l’on s’a­dresse sou­vent à son inter­lo­cu­teur, par défaut la seconde personne ;
  • le récit, dans lequel il n’y a pas d’in­ter­lo­cu­teur, par défaut a un sujet à la troi­sième personne ;
    Dès que l’on sort du défaut, il faut expli­ci­ter le sujet.
    Pour la seconde per­sonne, il y a des pro­noms dédiés.
    Pour les troi­sièmes per­sonnes, il n’y en pas, il faut alors employer des noms géné­riques, comme le démons­tra­tif dans le pre­mier exemple.

Revoi­là l’aug­ment dans la seconde phrase, avec un sujet qui inclut la deuxième per­sonne, il a un sens exhortatif.