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*limire /liˈmire/, nom : rubus par­vi­fo­lius

  • F min /ˈmin/, n : nourriture
  • PM myir /ˈmjir/, n : baie comes­tible de cou­leur rouge
    • M1 nir /ˈnir/, n : baie de long-min
      • M2 nir /ˈnir/, n : baie de long-min
    • M2 mir /ˈmir/, n : baie de saa-min
      • M1 mir /ˈmir/, n : baie de saa-min

D’où qu’ils fussent ori­gi­naires, les locu­teurs du pro­to-île se retrou­vèrent coin­cés dans une région à l’é­co­lo­gie très dif­fé­rente. Une entre­prise de nom­mage des espèces végé­tales nou­velles à par­tir du voca­bu­laire héri­té s’ensuivit.

Les langues mari­times se sont emprun­té mutuel­le­ment les noms d’es­pèces ne se trou­vant que sur une seule île. Les gloses « saa-min » et « long-min » en fran­çais sont des mots F, car ces fruits ne cor­res­pondent pas exac­te­ment à ceux que nous connaissons.

*koman­ta /koˈmanta/, nom : fille, nièce

  • F -ngau /ˈŋaw/, suf­fixe : (fémi­nin)
  • PM ngaa /ˈŋaː/, n : femme
    • M1 -waa /ˈwaː/, suf­fixe : (fémi­nin)
    • M2 -aa /ˈaː/, suf­fixe : (fémi­nin)

Conver­gence entre les trois langues : ce nom libre dési­gnant un membre fémi­nin de la géné­ra­tion pos­té­rieure s’est gram­ma­ti­ca­li­sé en suf­fixe nomi­nal dési­gnant un réfé­rent fémi­nin (quel que soit son âge et son sta­tut familial).

*turik /ˈturik/, verbe sta­tif : joyeux, heureux

  • F —
  • PM tur /ˈtur/, adj : chanceux
    • M1 /ˈtur/, adj : malchanceux
    • M2 /ˈtur/, adj : idiot

La racine a dis­pa­ru en F, et a vu son sens se dégra­der dans les langues mari­times. Quel­qu’un d’heu­reux est chan­ceux (PM), quel­qu’un de chan­ceux voit beau­coup de choses lui arri­ver, et pas seule­ment de bonnes (M1), ou peut tel­le­ment comp­ter sur sa bonne étoile qu’il n’a pas besoin de trop réflé­chir dans la vie (M2).

*soron /ˈsoron/, nom : vent

  • F son /ˈson/, n : vent ; guide ; mentor
  • PM sor /ˈsor/, n : vent ; cou­rant marin
    • M1 sor /ˈsor/, n : cou­rant marin
    • M2 soer /ˈsɤr/, n : cou­rant marin

Une inté­res­sante diver­gence dans l’é­vo­lu­tion du sens entre le F dont les locu­teurs voyagent d’île en île par les airs, et les langues mari­times dont les locu­teurs ne se déplacent qu’en bateau.

*dima­ko /diˈmako/, n : soleil

  • F na /ˈna/, n : jour
  • PM nak /ˈnak/ : jour
    • M1, M2 -nak /ˌnak/ : [forme des com­po­sés « aujourd’­hui », « demain »]

Cette fois-ci, ce sont les langues mari­times modernes qui ont fait d’une base indé­pen­dante une racine uni­que­ment pré­sente dans des dérivés. 

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