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taud, nom M, gén­i­tif taudila

  1. pain plat
  2. repas (pris en solit­aire par le berger)

Exemples

  1. Mul ê e taud.
    mul
    don­ner.IRR
    ê
    1.SG.DAT
    e
    un
    taud
    pain
    Donne-moi du pain.
  2. La seles ekonai taud yela dre­nama da nukola atyet.
    la
    le.H
    seles
    ber­ger
    eko-nai
    frappe.PROG-H
    taud
    repas
    yela
    3.SG.H.GEN
    dren-ama
    à_côté-debout
    da
    le.N
    nuk-ola
    rocher-GEN
    aty-et
    large-N.OBL
    Le ber­ger prend rap­idement son repas debout à côté du gros rocher.

Étymologie

De l’ancêtre *tag­wdi de même sens.

Le second sens con­tras­te avec nûs, le repas pris en famille (lit­térale­ment « pot » : dans les alpages, le déjeuner des ber­gers se base sur le pain et le fro­mage frais.

Dérivés

  • golaud, nom M, gén. golaudila : sac à pain, besace (< *gwa- « muni de » + *tag­wdi)
  • taudilo, adjec­tif : du pain ; absent car parti dans les alpages (< taudila gén­i­tif + flex­ion adjectival)
  • ultaudo, adjec­tif : démuni, pauvre, affamé (< ul- « sans » + taud)

karuk, loc­atif

  1. tou­jours, encore
  2. tou­jours, continuellement

Exemples

  1. Ya dye­let dret mumula ? Kokonai e nadye karuk.
    ya
    2.SG.NOM
    dyel-et
    par­ler.INF-DIR
    dret
    face-DIR
    mumu-la
    maman-GEN
    koko-nai
    plumer.PROG-H
    e
    un
    nady‑e
    oie-PL
    karuk
    encore
    Tu veux par­ler avec maman ? Elle est encore en train de plumer des oies.
  2. Del lyâkonai teuny karuk es ûkaty­on atyai woilai.
    del
    qui.NOM
    lyâko-nai
    aller.PROG-H
    teuny
    vil­lage
    karuk
    con­tin­uelle­ment
    ihas‑î
    dégel-ABL
    es
    un
    ûkaty­on
    ours
    drûw-ai
    grand-H
    woil-ai
    noir-H
    Il y a un grand ours noir qui vient tou­jours au vil­lage depuis ce printemps.

Étymologie

Com­posé de l’élé­ment ka, réduc­tion d’un mot inutil­isé kwa (de l’ancêtre *kuka « tou­jours »), avec le loc­atif lur­uk « res­pir­a­tion, souffle » , ici réduit en -ruk.

kura, nom N, gén­i­tif kur­ela

  1. pla­centa ; sac amniotique
  2. avor­ton, produit de fausse couche
  3. réflex­ion après coup, idée ven­ant tard, esprit de l’escalier 

Exemples

  1. Daga dina mudy­in e sûr kureleh.
    daga
    ce_là.N
    dina
    brebis
    mudyi‑n
    don­ner.PASS-3.N
    e
    un
    sûr
    agneau
    kur-eleh
    pla­centa-INST
    Cette brebis-là a don­né nais­sance à un agneau coiffé.
  2. Andak mudy­in e kura yaskeleh.
    andak
    celui_ci.N
    mudyi‑n
    don­ner.PASS-3.N
    e
    un
    kura
    avor­ton
    yaskeleh
    seule­ment
    Celle-ci n’a produit qu’un avorton.
  3. Yolî yela komoleh kura, ye ul lesôs.
    yolî
    fille
    yela
    H.GEN
    kom-oleh
    nom-INST
    kura
    après_coup
    ye
    H.DAT
    ul
    ne_pas
    lesô‑s
    avoir_idée.PASS-M
    Sa fille a un nom sans intérêt, il n’avait pas d’idée.

Étymologie

De l’ancêtre *kura.

mush, verbe, pro­gres­sif mushû, passé mushoi, infin­i­tif mushula

  1. pleur­er
  2. avoir une infec­tion de l’œil

Exemples

  1. Mushûten hishityek ?
    mushû-t-en
    pleur­er.PROG-2-être.PRS
    hishityek
    pour­quoi
    Pour quelle rais­on pleurez-vous ?
  2. Shityek wha dinû dinû mushoi mi nyidâzh laudusiskono !
    shityek
    car
    wha
    les
    din‑û
    brebis-PL
    dinû
    brebis-PL
    mushoi-∅
    être_infecté.PST-P
    mi
    and
    nyidâzh
    aujourd’hui
    ludus­isko-no
    devenir_aveugle.PROG-P
    Parce que toutes mes brebis ont eu une infec­tion ocu­laire et que main­ten­ant elles sont dev­en­ues aveugles !

Étymologie

De l’ancêtre *musuu de même sens, dérivé de *mus (mod­erne mush) « eau ».

Dérivés

  • mushulog, nom N, gén. mushulo­gila : pleurs (< mushula infin­i­tif + -og suf­fixe nominalisateur)
  • tûsuro, adjec­tif : insens­ible ; méchant (< *sta-ra « qui ne peut pas » + *musuu)
  • ûshû, nom N, gén. ûshûla : krumm­holz, arbre dont la crois­sance est sou­mise aux con­traintes du vent et du gel (< *u- préfixe agen­tif + *musuuk­wan progressif)

lelen, verbe, pro­gres­sif lelango, passé lela­nyi, infin­i­tif lelanda

  1. con­tem­pler (l’ho­ri­zon, quelque chose de distant)
  2. être perdu dans ses pensées

Exemples

  1. La seles kagai lelan­gonai wha tutok.
    la
    le.H
    seles
    ber­gère
    kag-ai
    jeune-H
    lelango-nai
    con­tem­pler.PROG-H
    wha
    les
    tuto‑k
    nuages-DAT
    La jeune ber­gère con­temple les nuages.
  2. Lak kidam landai kakoyul wha nadyeng, ela lelanda.
    lak
    ce_ci.H
    kidam
    enfant
    land-ai
    muet-H
    kako-y-ul
    sur­veiller.PROG-3.H-ne.pas.être.PRS
    wha
    les
    nady-eng
    oie-DAT.PL
    ela
    3.H.NOM
    lelanda
    être_songeur.INF
    Cet enfant silen­cieux ne sur­veille pas les oies, il est perdu dans ses pensées.

Étymologie

De l’ancêtre *radan « aller vers le loin­tain, vers les alpages », un verbe de mouvement en *-an qui dérive peut-être d’un loc­atif sig­ni­fi­ant « hori­zon, loin­tain, montagnes », mais comme cette racine n’a rien don­né dans la langue mod­erne, dif­fi­cile de cir­con­scri­re un sens plus précis.

Ce verbe de mouvement est devenu entière­ment méta­phorique ; il ne s’ap­plique qu’à des objets très dis­tants, on ne l’emploie pas pour « con­tem­pler un beau tapis ».

Dérivés

  • lelendês, nom H, gén. lelendêsta : rêveur ; pen­seur (< lel­enda infin­i­tif + -ês suf­fixe agentif)
  • lel­enik, verbe, prog. lel­eniko, pas. lel­enigi, inf. lel­en­itya : avoir un moment d’ab­sence, être dis­trait (< lelen + -ik semelfactif )
  • uren­ang, nom H, gén. uren­an­gola : aban­don­neur, auto-exilé (< *u- préfixe agen­tif *radan-kwan progressif)
EN