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môg, nom P, gén­i­tif môgula

  1. vers (plur­i­el)
  2. troubles intest­in­aux

Exemples

  1. Sa azda disheh, wha môg ata she.
    sa
    le.M
    azda
    sculp­ture
    dish-esh
    vieux-M
    wha
    les
    môg
    vers
    ata
    manger.INF
    she
    3.M.DAT
    La sculp­ture en bois est vie­ille, les vers sont en train de la manger.
  2. Heta sondo nela, naga dinû e môg.
    heta
    voir.INF
    sondo
    crotte
    nela
    3.N.GEN
    naga
    ce_là.N
    din‑û
    brebis-DAT
    e
    un
    môg
    vers
    Au vu de ses crottes, cette brebis a des problèmes de vers.

Étymologie

De l’ancêtre *man­qu. Les vers sont con­çus comme une masse grouil­lante indis­tincte, d’où le genre plur­i­el du nom.

Dérivés

  • môgî, nom N, gén. môgîla : lom­bric, ver de terre (< môg + diminutif)
  • môgom, nom P, gén. môgom­ila : migraine (< môg + -om diminu­tif péjoratif)
  • môgunustasi, nom N, gén. môgunustas­i­hta : chenille (< môg + nustasi « arc-en-ciel »)
  • môgur, nom P, gén. môguta : trous de vers [dans le bois] (< *man­qu + *-VVr résultat) 
    • môguratyo, adj : ver­moulu, abîmé, vie­illi (< môgur + -atyo « plein de »)

yaht, verbe, pro­gres­sif yahko, passé yahtyi, infin­i­tif yahtra

  1. poser, pla­cer
  2. rendre, faire devenir, trans­former (par l’éducation)

yahtû, verbe intensif, pro­gres­sif yahtûngo, passé yahtûnyi, infin­i­tif yahtûnda

  1. arranger, dis­poser

Exemples

Verbe simple

  1. Yahkonai sa nûsh lur­uk sa trûsta.
    yahko-nai
    poser.PROG-H
    sa
    le.M
    nûsh
    mar­mite.DAT
    lur­uk
    souffle
    sa
    le.M
    trûs-ta
    feu-GEN
    Elle pose la mar­mite sur les flammes.
  2. La mît yahkoy­enna e yâteh ê.
    la
    le.H
    mît
    oncle
    yahko-y-enn‑a
    rendre.PROG-3.H-être.PASS-SG
    e
    un
    yâ-teh
    for­ger­on-INST
    ê
    1.SG.DAT
    Mon oncle a tenté de faire de moi un forgeron.

Verbe intensif

  1. Yahtûnyi­mong nany domileh wha têhash leutag.
    yaht-ûny-imong
    poser-INT.PASS-1.PL
    nany
    deux
    dom-ileh
    ligne-INST
    wha
    les
    tê-hash
    idole-PL.DAT
    leutag
    champ
    Nous avons dis­posé les idoles en deux lignes sur un champ.

Étymologie

De l’ancêtre *jaxt « touch­er ».
On touche quelque chose pour le pren­dre et éven­tuelle­ment le poser quelque part.
Poser quelque chose, c’est changer sa situ­ation spa­tiale, de là on passe au sens de « faire changer d’état », restreint ici à « faire changer d’état par l’é­du­ca­tion » ; en effet l’ap­pren­tis­sage est con­çu un peu comme la con­struc­tion d’une mais­on (poser des pierres).

Le verbe intensif sig­nale que le patient du verbe, la chose posée, est plurielle

Dérivés

Verbe simple

  • yahtrog, nom M, gén. yahtro­gila : édu­ca­tion, appren­tis­sage (< yaht + -og suf­fixe nominalisateur)
  • yahtrês, nom H, gén. yahtrêsta : édu­cateur, maître (< yaht + -ês suf­fixe agentif)

Verbe intensif

  • yahtûn­dog, nom, gén. yahtûn­do­gila : dis­pos­i­tion, arrange­ment (< yahtû + -og suf­fixe nominalisateur)

nûs, nom M, gén­i­tif nûsta

  1. mar­mite, récipi­ent pour la cuisson
  2. con­tenu de la mar­mite, repas
  3. repas en famille
  4. vie de famille

nûs, loc­atif

  1. pendant le repas

Exemples

Nom

  1. La îk datya e nûs yole yela.
    la
    le.H
    îk
    grand-mère
    datya
    modeler_argile.INF
    e
    un
    nûs
    mar­mite
    yol‑e
    fille-DAT
    yela
    3.H.GEN
    Ma grand-mère est en train de fab­riquer une mar­mite en terre pour sa fille.
  2. Tir sak nûs senna naskes ? Hul kinaskî.
    tir
    ou
    sak
    ce_ci.M
    nûs
    repas
    s‑enna
    3.M-être.PASS
    nask-es
    lourd-M
    h‑ul
    1.SG-ne_pas_être.PRS
    ki-aska‑î
    ici-assis-ABL
    Ce plat était lourd, non ? Je n’ar­rive pas à me lever.
  3. Wha nûsa taut towho.
    wha
    les
    nûs‑a
    repas-PL
    taut
    à_la_maison
    towh‑o
    joyeux-P
    Les repas chez nous sont joyeux.
  4. E mumu galai yemol­isha e nûs galesh.
    e
    un
    mumu
    mère
    gal-ai
    triste-H
    ye-mol­ish‑a
    3.H-con­duire.IRR-SG
    e
    un
    nûs
    vie
    gal-esh
    amer-M
    Une mère triste et c’est la famille qui devi­ent triste. (pro­verbe)

Locatif

  1. Shiko­hul nûsusa.
    shiko-h-ul
    boire.PROG-1.SG-ne_­pas-être.PRS
    nûs-usa
    repas-pendant
    Je ne bois pas pendant les repas.

Étymologie

De l’ancêtre *namas « grande mar­mite », on est vite passé par syn­ec­doque au con­tenu de celle-ci.
Le repas cuit à la mar­mite a des con­nota­tions domest­iques, par oppos­i­tion à un repas pris en extérieur qui se pré­pare dans un plus petit récipi­ent, ou dir­ecte­ment sur la flamme (quand il est seule­ment cuit…).
Trois ou quatre généra­tion vivent sous le même toit de pierre, ce sont les femmes de la famille qui se charge du repas (à l’intérieur).

Dérivés

  • udûso, adjec­tif : veuf (homme) (< ul- « sans » + nûs)

tyuro, adjec­tif

  1. maladroit·e, empoté·e
  2. mignon·ne (bébés animaux, enfants)

Exemples

  1. E tata tyurai yazgî saga yastroge neugash.
    e
    un
    tata
    père
    tyur-ai
    mal­ad­roit-H
    yazg‑î
    bâtir.PASS-H
    saga
    ce_là.M
    yastrog‑e
    mais­on-DAT
    neug-ash
    tordu-M.OBL
    Un type mal­ad­roit a bâti cette mais­on tordue.
  2. Wha gowhon del makowhonna tyuro tyuro !
    wha
    les
    gowhon
    agneaux
    del
    qui
    mako-who-nna
    saut­er.PROG-P-être.PASS
    tyur‑o
    mignon-P
    tyur‑o
    mignon-P
    Les agneaux sont très mignons quand ils essay­ent de sauter !

    Étymologie

    De l’ancêtre *kri-guri « man­chot », formé du préfixe privatif *kri- et du nom *guri « mains, bras ».
    Du sens de han­di­cap physique, on est passé à celui de han­di­cap com­porte­ment­al, auquel s’est rajouté ensuite une accep­tion hypo­cor­istique : les gestes peu assurés d’un agneau font partie de son charme.

Nous sommes à la veille de décembre, ce qui sig­ni­fie un nou­veau mois de créa­tion lex­icale : le Lexembre.

Quoique je par­ti­cipe régulière­ment à l’ex­er­cice depuis main­ten­ant sept ans (d’abord sur mon blog anglo­phone), j’ai failli l’édi­tion précédente en m’ar­rêtant avant le quat­orz­ième jour… pour une rais­on de motivation.
C’est que les langues employées étaient neuves, très neuves, trop neuves, tout ce que je faisais était saupoudrer une struc­ture brin­que­bal­ante de vocab­u­laire sans grande réflex­ion cul­turelle derrière.
De plus, cela faisait dir­ecte­ment suite à l’autre défi col­lec­tif de fin d’an­née, c’est-à-dire au NaNoWriMo et ses 50000 mots à rédi­ger en un mois (objec­tif que, bien sûr, je n’ai pas atteint non plus).
Plutôt que de subir la pres­sion journ­alière de la pub­lic­a­tion, j’ai préféré trav­ailler à mon rythme sur un nou­veau pro­jet, sans lien avec les anciens, avec l’ob­jec­tif d’a­voir quelque chose de cohérent à présenter à qui me demande­rait « c’est quoi le résultat de ‟créer une langue” ? ».

Un an plus tard, j’ai une gram­maire d’une quar­antaine de page assortie d’un lexique de presque 400 mots.
J’ai aus­si tenté d’étof­fer un peu plus la cul­ture des locuteurs pour m’im­prégn­er au plus près d’un mode de pensée dis­tinct pour les traductions.
Cette langue s’ap­pelle le dyel­og, et je vais l’in­troduire ici vite fait.

Le dyelog en quelques mots

Locuteurs

Il s’a­git d’une langue par­lée par un peuple de ber­gers se nom­mant eux-mêmes Shutya, hab­it­ant des hauts-plat­eaux aux con­fins d’un grand empire.
Ils sont peu bel­li­queux, quoique parmi eux cer­tains se révèlent doués de pouvoirs ther­mokinétiques ; con­trôler la tem­pérat­ure par la pensée leur sert sur­tout à économ­iser du com­bust­ible pour se chauffer.

Leurs dieux sont divisés en deux groupes, les têhes ou idoles de pierre, à qui ils font des offrandes propi­atoires, et les sahegirû ou mer­veilles naturelles tell­es que le soleil et l’hiver, à qui il n’est d’aucune util­ité de s’ad­ress­er tant elles sont puissantes.

Prononciation

Les cinq voyelles a e i o u se pro­non­cent brèves, â ê î ô û en sont les ver­sions longues.

Les con­sonnes sont :

Labiales Apicales Rétro­flexes Pal­at­ales Vélaires
Occlus­ives t d ty dy k g
Fric­at­ives s z sh zh h
Nasales m n ny
Latérales l ly
Roul­ée r
Semivoyelles y wh w

Les rétro­flexes sont pro­non­cées avec la pointe de la langue sur l’ar­rière du pal­ais dur.
Les pal­at­ales se pro­non­cent avec l’ar­rière de la langue sur le pal­ais dur (ly est com­par­able à l’it­ali­en gli) ; h est une fric­at­ive com­par­able à l’alle­mand ch.
Wh est un w pro­non­cé sans vibra­tion des cordes vocales.

L’ac­cent tonique est tou­jours sur la première syl­labe d’un mot.

Grammaire

Noms

Les noms sont divisés en quatre genres : humain, naturel, fab­riqué, et pluriel.
Ce derni­er recouvre tous les plur­i­els des autres genres, plus quelques noms mas­sifs ou abstrac­tion comme mush « eau » et molendo « communauté ».

Il y a quatre cas de déclinais­on : le nom­in­atif, qui est le cas par défaut, le datif qui sert pour les autres argu­ments du verbe quand ils sont définis (par un art­icle ou un pos­ses­sif), le gén­i­tif pour les pos­ses­seurs définis, et l’in­stru­ment­al pour le rôle d’instrument/accompagnant.

Adjectifs

Les adjec­tifs s’ac­cordent en genre avec le nom qu’ils déter­minent, et en cas (mais seule­ment sur l’axe nominatif/autre).

Locatifs

En français, on les traduiraient par des noms de lieu ou des adverbes, il s’a­git en dyel­og de sa propre catégor­ie qui sert aux com­plé­ments de lieu, de temps et d’état : taut « à la mais­on », sahta « la nuit », tuwhan « en guerre ».
Ils ne se déclin­ent pas comme les noms, mais prennent des suf­fixes de pos­i­tion (« debout », « allongé·e », etc.) et des suf­fixes pré­cis­ant si l’on vient de ou si l’on se dirige vers.

Verbes

Les verbes se con­juguent sur quatre bases dis­tinct­es, exem­pli­fiées ici par « observer » :

  • la base irréelle, la plus basique, util­isée pour l’im­pérat­if et le sub­jonc­tif (kak)
  • la base pro­gress­ive, util­isée pour le présent, l’im­par­fait et le gérondif (kako)
  • la base passé, util­isée pour le passé (kaugi)
  • la base infin­it­ive, util­isée pour l’in­fin­i­tif et toutes les dériv­a­tions nom­inales (kauta)
    Sur ces quatre bases, divers affixes per­mettent d’ac­tu­al­iser le temps, le mode, la per­sonne et le genre du sujet.
    Pour les verbes de per­cep­tion, le verbe s’ac­corde avec la chose per­çue, et non pas avec la per­sonne qui perçoit.
    Il existe égale­ment un suf­fixe d’in­tens­ité, qui peut sig­naler que l’ob­jet du verbe est plur­i­el, ou que l’ac­tion se répète dans le temps, ou que l’ac­tion dure longtemps.

Format du Lexembre

Je présen­terai un mot par jour, plus ses éven­tuels dérivés, ain­si que des phrases d’ex­emple pour mettre chacun de ses sens éven­tuels en contexte.
J’espère tenir le rythme cette année.

Si vous par­ti­cipez aus­si au Lex­embre, n’hés­itez pas à vous sig­naler dans les com­mentaires, et bonne chance à vous !

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