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talak- /ˈtalak/ v.int « res­sem­bler à X, agir comme X »

Ce pré­fixe crée des verbes intran­si­tifs à par­tir de noms d’hu­mains et d’a­ni­maux, plus rare­ment d’ob­jets natu­rels. Il est par­ti­cu­liè­re­ment pro­duc­tif pour dési­gner des défauts.

Le -l final du pré­fixe sup­prime les consonnes ini­tiales de la racine ; si l’une d’entre elle est une vélaire (k g ṅ), le pré­fixe a la forme tał-. Seule la consonne v n’est pas concer­née et peut appa­raître après le -l et le .

Mots dérivés

  • talas­sa- /taˈlasːa/ v.int (*assa, vieille racine pour « abeille »)
    bour­don­ner
    • talas­sous /taˈlasːuːs/ n.I (-ous)
      bour­don­ne­ment
  • tał­valē- /ˈtaʟʋalɛː/ v.int (kvalē « étour­neau »)
    aller et venir, être inconstant
    • tał­valēus /ˈtaʟʋaleːu̯s/ n.I (-ous)
      incons­tance

takil- /ˈtakil/ v : « exXer, Xer hors de, déXer »

Sur un verbe de mou­ve­ment, ce suf­fixe ajoute l’i­dée de « sor­tir de », « quit­ter », un mou­ve­ment qui s’é­loigne du locu­teur ou du point de référence.

Comme je n’ai tou­jours pas de racines de verbes de mou­ve­ment, pas­sons tout de suite au sens qu’il donne aux autres verbes : ces­ser de faire une action en cours de route, défaire le résul­tat de l’ac­tion. La dif­fé­rence avec le suf­fixe -bis, qui peut éga­le­ment signa­ler une action non menée à son terme, est que l’ar­rêt du pro­ces­sus est volon­taire dans le cas de -il.

Mots dérivés

  • dīl- /ˈdiːl/ v.tr (dī- « tenir »)
    lâcher subi­te­ment ; aban­don­ner (quel­qu’un)
    • dīlek­nos /ˈdiːlɛknos/ n.I (-eknos)
      chute
    • dīlous /ˈdiːluːs/ n.I (-ous)
      aban­don
  • fełil- /ˈfɛʟil/ v.tr (feł- « vou­loir »)
    reje­ter, refuser
    • fełi­lek­nos /ˈfɛʟilɛknos/ n.I (-eknos)
      refus, rejet
    • fełi­li /ˈfɛʟili/ n.E (-li)
      capri­cieux, capricieuse
  • keippā­sil- /ˈkeːpːaːsil/ v.tr (keippās- « faire remar­quer »)
    cacher à, dis­si­mu­ler à
    • keipppā­si­lai /ˈkeːpːaːsilai̯/ n.E (-ai)
      conspi­ra­teur, conspiratrice
    • keippā­si­laks /ˈkeːpːaːsilaks/ n.E (-ks)
      per­sonne trompée
    • keippā­si­lek­nos /ˈkeːpːaːsilɛknos/ n.I (-eknos)
      secret ; men­songe (par omission)
  • kēp­til- /ˈkɛːptil/ v.tr (kēpt- « tuer »)
    gra­cier, épargner
  • koi­dil- /ˈkoi̯dil/ v.tr (koid- « don­ner »)
    reprendre ; voler
    • koi­di­lai /ˈkoi̯dilai̯/ n.E (-ai)
      voleur, voleuse
    • koi­di­li /ˈkoi̯dili/ n.A (-li)
      sou­ris
    • koi­di­lous /ˈkoi̯diluːs/ n.I (-ous)
      vol
      • tme­koi­di­lous /tmɛˈkoi̯diluːs/ n.I (tme-)
        gre­nier mal construit, qui laisse l’ac­cès à la vermine
  • sāmil- /ˈsaːmil/ v.int (sām « mou­rir »)
    res­sus­ci­ter, com­battre la mala­die avec succès
    • sāmi­lek­nos /ˈsaːmilɛknos/ n.I (-eknos)
      gué­ri­son

āta­kaks /ˈaːtakaks/ n.I : « lieu où l’on X »

Ce sché­ma forme des noms de lieux sur des verbes, exac­te­ment comme le sché­ma tme-ous ; mais contrai­re­ment à ce der­nier, ā‑ks n’est pas très pro­duc­tif. Seuls les verbes de mou­ve­ment peuvent le prendre. Lorsque ces deux sché­mas sont en concur­rence, tme-ous dénote plu­tôt le lieu habi­tuel de l’ac­tion, quel que soit son aspect, tan­dis que ā‑ks dénote un objet concret cultu­rel­le­ment déterminé.

Avec une racine com­men­çant par une voyelle, le pré­fixe a la forme āt-

Mots dérivés

Aucun pour l’ins­tant : le stock de racines avec lequel j’ai com­men­cé le Lexembre ne conte­nait aucun verbe de mou­ve­ment. Il fau­dra attendre le 1er jan­vier pour appli­quer ce sché­ma à de nou­velles racines.

tako­bis- /ˈtakobis/ v : « souXer ; Xer en secret ; Xer fai­ble­ment ; com­men­cer à Xer »

Ce suf­fixe s’ap­plique à des verbes et pos­sède une grande varié­té de sens qu’il serait impos­sible de décrire en détails dans ce billet.

Sur des verbes de dépla­ce­ment, -bis pré­cise que le mou­ve­ment s’ef­fec­tue par le des­sous. Par exten­sion, il s’ap­plique à d’autres verbes pour signi­fier que l’ac­tion s’ef­fec­tue en secret, en par­ti­cu­lier à l’aide de forces magiques. Tou­jours en lien avec l’i­dée que l’ac­tion est réa­li­sée de telle manière qu’on ne la remarque pas, il peut signa­ler une action non menée à son terme ou au résul­tat déce­vant. Et en par­lant d’ac­tion pas encore menée à son terme, il est tout natu­rel d’ob­te­nir aus­si un sens inchoa­tif (« com­men­cer à »).

Après consonne (sauf nasale), il a la forme -obis.

Mots dérivés

  • jēpa­di­bis- /ˈjɛːpadibis/ v.tr (jēpa­di- « embra­ser, enflam­mer »)
    ten­ter d’al­lu­mer un feu
  • kēp­to­bis- /ˈkɛːptobis/ v.tr (kēpt- « tuer »)
    tuer par magie
    • hankēp­to­bi­saks /ˈhankɛːptobisaks/ n.I (han-ks)
      branche d’arbre employée pour jeter un sort (en taillant des encoches dans la direc­tion de la per­sonne à tuer)
    • kēp­to­bi­sai /ˈkɛːptobisai̯/ n.E (-ai)
      sor­cier, sorcière
  • pses­so­bis- /ˈpsɛsːobis/ v.int (pses­so- « gran­dir »)
    mal gran­dir, être tordu
    • pses­so­bi­saks /ˈpsɛsːobisaks/ n.E (-ks)
      nain ; bossu
  • sām­bis- /ˈsaːmbis/ v.int (sām- « mou­rir »)
    tom­ber gra­ve­ment malade ; être vic­time d’un sort
    • sām­bi­sous /ˈsaːmbisuːs/ n.I (-ous)
      mala­die mortelle

sen­tak- /ˈsɛntak/ v.int « uti­li­ser X, s’oc­cu­per de X »

Ce pré­fixe se place sur des noms. Les verbes intran­si­tifs ain­si obte­nus dénotent une occu­pa­tion habi­tuelle ; à ce titre, lors­qu’ils sont conju­gués à l’as­pect per­fec­tif (le résul­tat de l’ac­tion est impor­tant, plus que son pro­ces­sus), ils indiquent que l’oc­cu­pa­tion n’est plus d’actualité.

  • Sem­ban­nai­kan iga.
    sem­ban­na-ik-an iga
    dresser.chiens-PRF-DIR 1SG
    Je ne m’oc­cupe plus de chiens.
Lis­ten !

Le N signi­fie que la consonne nasale finale du pré­fixe s’as­si­mile à la consonne sui­vante, comme indi­qué dans le tableau :

FormeDevantRem­place
sen-t d s z nh j
sem-p b m
seṅ-k g v
se-l ł CC
sent-f
Allo­morphes de seN-

Mots dérivés

  • senap­pi- /sɛˈnapːi/ v.int (appi « miel »)
    récol­ter du miel
  • seṅ­ki­lips- /ˈsɛŋkilips/ v.int (kilips « pois­son »)
    pêcher
    • seṅ­ki­lip­sai /ˈsɛŋkilipsai̯/ n.E (-ai)
      pêcheur
  • sem­ban­na- /ˈsɛmbanːa/ v.int (ban­na « chien »)
    s’oc­cu­per de chiens, dres­ser des chiens
    • sem­bannāi /ˈsɛmbanːaːi̯/ n.E (-ai)
      dres­seur de chiens
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