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zotak- /ˈzotak/ v.tr « se faire X par »

Le préfixe zo- (zob- devant voyelle ou /h/, zod- devant /j/, et zōt- devant /f/ qu’il rem­place) est l’un des préfixes fac­ti­tifs de la langue han­nestiks, dérivant des verbes trans­itifs sur des bases intransitives.

Sur une base déjà trans­it­ive, le nombre d’ar­gu­ments ne change pas : l’ex-sujet trans­itif agit sur le sujet factitif.

  • G’āzokēptan assali.
    1SG=A.PL-devenir_proie-DIR abeille(A)
    Je mour­rai du fait des abeilles (je fais en sorte que les abeilles me tuent).

L’a­gent du fac­ti­tif n’est pas, ou rarement, volontaire. Quand il n’y a pas d’ob­jet, le verbe est traduis­ible par un adjectif.

  • Zōtełan iga.
    séduire-DIR 1SG
    Je suis (naturelle­ment) séduisant.

Mots dérivés

  • zokēpt- /zoˈkɛːpt/ v.tr (kēpt- « tuer »)
    mourir à cause de
  • zopās- /zoˈpaːs/ v.tr (pās- « voir »)
    se faire remarquer par
  • zosām- /zoˈsaːm/ v.tr (sām- « mourir »)
    être mor­tel pour
  • zōteł- /ˈzoːtɛʟ/ v.tr (feł- « vouloir »)
    faire envie à ; séduire involontairement

takeknos /taˈkɛknos/ n.I : « objet de X »

Le suf­fixe -eknos sur un verbe forme un nom de genre I décrivant le résultat de l’ac­tion ou l’ac­tion elle-même du point de vue du patient.

Mots dérivés

  • fełeknos /fɛˈʟɛknos/ n.I (feł- « vouloir »)
    (objet de) désir, chose voulue ; marchand­ise du point de vue de l’acheteur
  • kēpteknos /ˈkɛːptɛknos/ n.I (kēpt- « tuer »)
    cadavre(s) mort(s) de mort viol­ente ; victime(s) sacrificielle(s)
  • koideknos /ˈkoi̯dɛknos/ n.I (koid- « don­ner »)
    don
  • łaipseknos /ˈʟai̯psɛknos/ n.I (łaips- « goûter »)
    goût
  • pāseknos /ˈpaːsɛknos/ n.I (pās- « voir »)
    vis­ion

dētakau /ˈdɛːtakau̯/ n : « qui est avec X »

lon­takau /ˈlontakau̯/ n : « qui est der­rière X »

māi­takau /ˈmaːi̯takau̯/ n : « qui est pour X »

ostakau /ˈostakau̯/ n : « qui est devant X »

Ce schéma se com­pose d’un suf­fixe -au sur un nom préfixé d’une pré­pos­i­tion (mono­syl­lab­i­que unique­ment) ; il s’a­git d’une locu­tion pré­pos­i­tion­nelle lex­ic­al­isée, en quelque sorte, dénot­ant un objet con­cret. Le genre est assigné régulière­ment selon le sens du mot obtenu.

Placés en appos­i­tion après un autre nom avec un pro­nom relatif, ces dérivés peuvent être quelque­fois traduits comme des adjectifs.

  • D’idīan dēu­sau ī māik­valēu.
    1PL=I‑a­voir-DIR bonnet(I) I.REL excédent(A)
    « Nous avons plus de bon­nets qu’il n’en faut. »

Mots dérivés

Avec dē-

  • dēu­sau /ˈdeːu̯sau̯/ n.I (ōs « tête »)
    bon­net, chapeau

Avec lon-

  • lont­sōṅkaiau /ˈlontsoːŋkai̯au̯/ n.I (tsōṅkai « ours »)
    bouchon féc­al de l’ours, expulsé après le som­meil hivernal et lui col­lant aux poils

Avec māi-

  • māik­valēu /ˈmaːi̯kʋaleːu̯/ n.A (kvalē « étourneau »)
    semailles tombées en-dehors du champ ; excédent

Avec os-

  • ospa­diau /ˈospadiau̯/ n.I (padi « feu »)
    petite bûche où l’on s’as­soit devant un feu

tassestoi /ˈtasːɛstoi ̯/ n. : « arbre, plante à X »

Ce suf­fixe crée des noms de plantes fru­gi­fères. Ils sont du même genre que le nom du fruit dont ils dériv­ent : genre ᴀ si comest­ible, genre ɪ autrement.

Le /j/ ini­tial du suf­fixe n’est jamais pro­non­cé. Il dis­paraît après une voyelle (déclen­chant la con­trac­tion de cette voyelle avec le /ɛ/ qui suit) et pal­a­t­al­ise la plu­part des con­sonnes simples qui le précède. Le tableau qui suit montre l’is­sue de la palatalisation :

SimplePal­a­t­al­isée
pt
tss
kss
bd
dz
gz
mn
n
fss
sss
Pal­a­t­al­isa­tion des con­sonnes hannestiks

Mots dérivés

Le dic­tion­naire han­nestiks ne con­tient pour l’in­stant qu’un seul nom de fruit sur lequel test­er ce suffixe.

  • lak­sestoi /ˈlaksɛstoi ̯/ n.ᴀ (alaks « fram­boise »)
    fram­bois­i­er

takōn /taˈkoːn/, n : « celui qui est X par rap­port aux autres »

Le suf­fixe -ōn crée des noms à partir d’ad­jec­tifs, dénot­ant l’ob­jet ou être dans un groupe don­né qui pos­sède une qual­ité que les autres n’ont pas, ou à un degré moindre. Ce schéma de dériv­a­tion est rarement lex­ic­al­isé, n’im­porte quel référent pouv­ant être dénoté par un nom en -ōn si le con­texte l’ex­ige. Le genre de ces noms est de même variable.

Ce suf­fixe est même employé comme une sorte de flex­ion, pour exprimer l’idée d’un super­lat­if relatif :

  • Himiknē ‘zē fistenōn
    ꜰᴏᴄ-homme(ᴇ) ᴇ‑ce…-là gros
    Cet homme-là est le (plus) gros

Mots dérivés

Il existe quand même quelques dérivés ayant un sens lex­ic­al en plus du sens contextuel.

  • aṅkiōn /ˈaŋkioːn/ n.ᴇ (aṅki « jeune »)
    ben­jamin
  • ikānōn /iˈkaːnoːn/ n.ɪ (ikān « froid »)
    hiver
  • pissōn /ˈpisːoːn/ n. ɪ (pis­is « humide »)
    temps plu­vieux
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