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tsak- // v.int : « être X, devenir X »

Ce schéma de dériv­a­tion n’est plus vraiment pro­duc­tif, mais il est encore suf­f­is­am­ment vis­ible pour être men­tion­né. Sur des noms ou des adjec­tifs, il forme des verbes intransitifs.

Il ne s’ap­plique pas aux racines débutant par l ł f s z ou un groupe de con­sonnes (ou bien peut être présent mais il est absor­bé par ces con­sonnes), rem­place h j ini­ti­aux, devi­ent un infixe après p t k b d g ; il n’est un vrai préfixe que devant m n v ou voyelle.

Mots dérivés

  • ksā­dos- /ˈksaːdos/ v.int (gādos « noir »)
    brûler ; pour­rir (plante)
  • psesso- /ˈpsɛsːo/ v.int (besso « grand »)
    grandir
  • salō- /saˈloː/ v.int (jalō « sec »)
    séch­er
  • sappi- /ˈsapːi/ v.int (appi « miel »)
    couler lente­ment
    • sap­pieknos /ˈsapːiɛknos/ n.I (-eknos)
      coulée
  • sikān- /siˈkaːn/ v.int (ikān « froid »)
    refroid­ir
    • sikāneknos /siˈkaːnɛknos/ n.I (-eknos)
      gelée ; grippe
    • sikān­ous /siˈkaːnuːs/ n.I (-ous)
      refroid­isse­ment
  • smōs- /ˈsmoːs/ v.int (mōs « rouge »)
    mûrir

keit­tak- /ˈkeːtːak/ v.tr : « faire X quelqu’un »

Ce préfixe a de nom­breuses formes suivant le phonème qui suit :

S’a­joute àRem­place
keid-V- m- n– v-
keit-d- t- s- f-
keip-b- p-
keik-g- k-
keiz-j-
kei-l- ł– z– CC-h-

Il s’a­git d’un préfixe fac­ti­tif. Con­traire­ment à zo-, Il ajoute un argu­ment au verbe dont il est dérivé. L’ex-sujet d’un verbe intrans­itif devi­ent objet ; c’est la même chose pour un verbe trans­itif, et dans ce cas, l’ex-objet peut être réin­troduit par la pré­pos­i­tion  « par, avec ».

  • G’ekeippāsan miknē dē tōkēpt­ous vobanna otōi.
    1SG=E.SG-faire_voir-DIR homme(E) par tor­ture GEN-PL-chi­en PL-ce…-ci
    Je fais remarquer à l’homme ces chi­ens qu’on torture.

Mots dérivés

  • keiłaips- /ˈkeːʟai̯ps/ v.tr (łaips- « goûter, con­naître »)
    introduire, présenter à
    • keiłaip­sous /ˈkeːʟai̯psuːs/ n.I (-ous)
      intro­duc­tion, présentation
  • keippās- /ˈkeːpːaːs/ v.tr (pās- « voir »)
    faire voir, faire remarquer
  • keit­tī- /ˈkeːtːiː/ v.tr (dī- « tenir »)
    aid­er à tenir ; aider
    • keit­tīous /ˈkeːtːiːuːs/ n.I (-ous)
      aide

takous /taˈkuːs/ n.I : « Xation, Xment, Xité »

Le suf­fixe -ous s’ap­plique à une base verbale pour former un nom d’ac­tion, de genre I. Sur des verbes statifs, le résultat est un nom de qualité.

À cette descrip­tion brève, j’a­jouterai que le suf­fixe inaugure l’en­trée dans la phon­o­lo­gie du han­nestiks des deux fausses diphtongues ei /eː/ et ou /uː/.

Mots dérivés

  • dīous /ˈdiːuːs/ n.I (dī- « tenir »)
    pos­ses­sion ; maîtrise
  • fełous /fɛˈʟuːs/ n.I (feł- « vouloir »)
    volonté, désir
  • kēpt­ous /ˈkɛːptuːs/ n.I (kēpt- « tuer »)
    mise à mort, meurtre
  • koidous /ˈkoi̯duːs/ n.I (koid- « don­ner »)
    trans­fert, don
  • tōkēpt­ous /ˈtoːkɛːptuːs/ n.I (tōkēpt- « tor­turer »)
    tor­ture
  • tōsām­ous /ˈtoːsaːmuːs/ n.I (tōsām- « être insouci­ant »)
    insouciance, nég­li­gence
  • zopā­sous /zoˈpaːsuːs/ n.I (zopās- « se faire remarquer »)
    par­tic­u­lar­ité

tata /ˈtata/ n : forme hypo­cor­istique de X

La forme de ce schéma applic­able aux noms ne se laisse pas définir en une seule ligne. Il s’a­git d’une sim­pli­fic­a­tion de la pro­non­ci­ation suivie d’une rédu­plic­a­tion totale ou parti­elle du mot obtenu.

  • Dans les groupes de con­sonnes, les moins son­ores dis­parais­sent en pri­or­ité. Par exemple, /ks/ devi­ent /s/ et /sm/ devi­ent /m/
  • Presque toutes les con­sonnes géminées sont simplifiées
  • Les voyelles et diphtongues longues raccourcissent
  • Une voyelle ini­tiale est élidée
  • Si la rédu­plic­a­tion met des con­sonnes en con­tact, l’une d’entre elle disparaît

Ces mots sont employés en pri­or­ité par et avec les très jeunes enfants, et ne chan­gent pas vraiment le sens du mot de départ, seule­ment son con­texte. Mais quelques-uns d’entre eux ont été lexicalisés.

Mots dérivés

Seuls les mots ayant un sens sup­plé­mentaire sont indiqués ici.

  • dam­is­a­mis // n.I (dampis « poil »)
    bar­bichette
  • kil­i­sil­is /ˈkilisilis/ n.I (kilips « pois­son »)
    petites fig­ur­ines d’ar­gile en forme de poisson
  • lolon /loˈlon/ n.I (ilon « queue »)
    zizi, petit pénis
  • soisoi /ˈsoi̯soi̯/ n.I (ipsoi « eau »)
    eau fraîche ; giclée d’eau
  • soṅaiṅai /soˈŋai̯ŋai̯/ n.E (tsōṅkai « ours »)
    noun­ours ; ourson ; ours adulte (dans un con­texte de tabouisa­tion, par exemple pendant la chasse)

tak­vā /ˈtakʋaː/ n : « X et compagnie »

La forme de ce suf­fixe est une con­sonne v suivie par une copie de la voyelle qui précède ; si la voyelle est brève, la copie est longue, et vice-versa.

Les noms ain­si formés sont des col­lec­tifs ayant un sens con­tin­gent à celui du nom de départ. Par exemple, ils peuvent désign­er les outils employés par un pro­fes­sion­nel, l’ac­com­pag­ne­ment d’un plat, la famille d’une per­sonne, la pop­u­la­tion d’un village.

Mots dérivés

  • appivī /ˈapːiʋiː/ n.A (appi « miel »)
    miel non tam­isé (con­ten­ant des bouts de cire et des larves d’abeille)
  • ikānōn­vo /iˈkaːnoːnʋo/ n.I (ikānōn « hiver »)
    mal­ad­ies hivernales ; famine
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